DIY SEO

Bon, je vais sans doute faire grincer quelques dents avec ce billet, qui ne va pas dans le sens de ce qu'on peut lire un peu partout, et surtout dans la presse US. C'est peut-être du à leur mode de consommation XXL, car je tombe de plus en plus sur des billets pétris de bons conseils SEO qui sont faux.

Le pire, c'est que la plupart de ces bons conseils semblent tout à fait légitimes parce que logiques. Mais ça ne marche pas comme ça. En tous cas, ce que je constate me prouve au quotidien qu'ils ne font que relayer des infos qu'ils trouvent (ou pire, qu'ils déduisent) sur des sites plus influents. Alors peut-être s'agit-il d'une exception française (la fameuse exception culturelle !), je ne peux que reporter ce que je constate chez moi. Bref. Allons-y :

Le jeu des 7 erreurs SEO

1 : Il faut publier des nouveaux contenus régulièrement. FAUX. Certains de mes sites sont positionnés dans le top 5 de Google.fr depuis des années, sans une seule mise à jour. Vous avez bien lu. Pour certains, UNE mise à jour pour changer la date de copyright en bas de page et c'est tout, rien d'autre.

2 : Il faut être présent sur les réseaux sociaux. FAUX. Ces même sites, et d'autres pas dans le top5, n'ont qu'une seule présence en ligne : une URL. Pas de profil FB, de compte Twitter, de page Google+, rien ! Nada ! Wallou ! Nichts ! Niet !

3 : Il faut faire attention aux profils des liens qui pointent vers le site : ARCHI-FAUX ! Certaines de mes pages sont vermoulues de liens qui pointent vers du 404, et inversement j'ai beaucoup de liens morts vers certaines pages qui sont encore en cache de Google. Certains vieux liens proviennent de sites dont on se demande encore (si on débarque dans le référencement en 2013 et qu'on applique religieusement les guidelines Google) comment et pourquoi ils tiennent debout, avec leurs fiches annuaires de 200 caractères (pas 200 mots : 200 caractères : Allô la sanction "Thin Content" de Panda t'es où ????), leur contenu dupliqué externe et interne, leur pub envahissante...

Note : je n'ai pas utilisé une seule fois l'outil désaveu de liens de Google. Cet outil est amha une ineptie. Les liens que je fais définissent qui je suis, comme je le martèle ici. Ceux qui ont utilisé l'outil sont invités à commenter ce billet pour confirmer/infirmer le retour d'expérience dont ils nous ont déjà fait part sur leurs sites : désavouer des liens, c'est s'engager dans un processus dont on ne connaît ni la portée (sur le site qu'on tente de repêcher) ni le rayonnement (global > des réseaux entiers de sites - légitimes ou non - qui sont dénoncés petits bouts par bouts par des internautes différents, à l'instar des pièces d'un puzzle qui finit par vous retomber sur le coin de la figure parce que le site que vous dénoncez a un lien de niveau n+2 avec un des vôtres... - et finalement démantelés) ni la finalité, et dont le résultat (votre site remonte) n'est aucunement garanti. J'en veux pour preuve les article de Julien "le Juge" (http://lemusclereferencement.com/2012/10/16/loutil-de-desaveu-de-liens-google/), de Sylvain "Axe Net", de Laurent "Seo RockStar" (http://www.laurentbourrelly.com/blog/1416.php), et même dernièrement d'Olivier Andrieu "Le Pape du référencement" qui dénonce l'opacité du mécanisme et le manque d'ergonomie de l'outil ici http://www.abondance.com/actualites/20130528-12653-faut-il-desavouer-loutil-de-desaveu-de-lien-de-google.html. Lisez ces articles, et vous comprendrez...qu'il n'y a rien à comprendre. La communauté SEO marche sur la tête. A part ceux qui ont suffisamment de recul et restent zen, les autres courent sans tête et se mettent, par dépit sans doute, à s'accrocher à ces guidelines Google et leurs conseils tellement pleins de bon sens...pour eux.

A ce jour, je n'ai pas lu un seul article qui annonçait qu'un site pénalisé avait pu remonter à ses positions d'avant déclassement en utilisant l'outil de désaveu. Ce que j'ai retenu de mes lectures sur le sujet, c'est qu'il faut beaucoup de travail pour arriver à remonter des places. C'est pour cela que beaucoup de spécialistes conseillent de repartir avec un nouveau nom de domaine...

Bien entendu si vous avez un contre-exemple je me ferai un plaisir de le publier.

Les 3 points ci-dessus ne sont pas les seuls qui me semblent orchestrés par une vaste désinformation, mais ce sont les principaux que je retrouve désormais au fil de ma veille quotidienne. Comme par exemple sur ce blog d'un de mes fournisseurs de serveur mutualisé (en anglais) : http://blog.hostgator.com/2013/05/16/how-to-be-a-better-webmaster/

Les effets collatéraux de la dernière mise à jour Google Penguin ont été remarqué par beaucoup de webmasters et référenceurs possédant des sites datant de la période pré-Panda (c'est à dire avant 2011) : les pénalités infligées par les premières versions du filtre semblent levées avec Penguin 2.0v4. Et je confirme avec mon site de test du concours Pandaranol, www.3615seo.fr

Si vous souhaitez en savoir plus, et lire un compte-rendu complet et détaillé depuis la naissance de ce site de concours SEO en juin 2011 jusqu'à aujourd'hui, rendez-vous sur l'article "Pénalités à l'ouest" !

Conclusion : Ce billet commence à être un peu long, je n'irai pas vous assommer avec 4 autres arguments faux sur le référencement post Panda et Penguin. J'en garde un peu sous le coude, et puis je n'ai rien à vous vendre. D'ailleurs, c'est bien là où je voulais en venir avec cet article...

Le commerce du référencement

Si l'on considère les 3 points dénoncés dans cet article, on se rend vite compte que ce qui est préconisé :

  • Prend du temps
  • Coûte cher

Publier des contenus frais, intéressants et pertinents pour le lecteur, je n'ai rien contre, bien au contraire. Mais ce n'est pas à la portée de tous les webmasters.

Animer des réseaux sociaux non plus. Même si on peut utiliser des logiciels pour automatiser certaines tâches.

Analyser les profils de liens n'est pas gratuit, si on excepte les résultats bridés aux 10 premiers liens. Que ce soit Ahrefs, Majestic SEO, Yooda ou Moz par exemple, il faut s'abonner. Idem pour suivre l'évolution de ses positions au jour le jour : Ranks, MyPoseo et autres outils en ligne ou sur le poste informatique ne sont pas gratuits.

Les mises à jours de l'algorithme de classement des entrées dans la base d'index de Google servent donc :

  1. Google Adwords pour assurer la pérennité du positionnement des liens sponsorisés
  2. Google et ses services comme G+ qui décolle depuis que les notions d'AuthorRank et d'AuthorShip sont apparues sur les blogs
  3. Tout l'écosystème du référencement mais surtout les éditeurs logiciels qui permettent aujourd'hui d'automatiser un grand nombre de tâches (du recueil de position à l'audit SEO/SEM/SEA en passant par l'analyse de la concurrence).

Conclusion

Je ne vais pas en rajouter des tonnes sur l'absolue nécessité de tester par-vous même les faits qu'on vous admoneste tous les jours sur le web. C'est un vrai lavage de cerveau que toute cette désinformation déversée sur tous les réseaux sociaux et les blogs. Informations reprises un peu partout sans être vérifiées. Et pour cause...

Tester par soi-même demande, là encore, des ressources : du temps, des moyens, des compétences (ou du temps supplémentaire pour les acquérir).

Panda, Penguin et Orca (private joke) ne signent nullement la fin du spam, de la domination des serps par certains ou du black hat seo. Ils marquent une nouvelle étape dans le référencement, une ère où les pistes sont continuellement brouillées et où la désinformation-communication cherche à générer des profits sur elle-même.

Jusqu'ici, le marché n'était pas encore véritablement mûr, et les amateurs pouvaient encore gagner de l'argent facilement sur internet (Lire par exemple http://etazuni.com/post/gagner-argent-sur-internet). Aujourd'hui, il ne suffit plus d'investir quelques euros dans un nom de domaine et un mutualisé. Il faut étudier le marché, analyser les concurrents, affiner sa stratégie et sa plateforme; et pour cela il faut de l'argent, il faut des logiciels, des services web en plus.

La professionnalisation du secteur est donc en train de passer par la marchandisation de produits et de services dédiés et abolit les frontières entre le white et le black hat. L'automatisation devient nécessaire pour le moindre site à référencer. Et avec le social, c'est encore pire : acquisition et gestion de communauté de fans, de suivi et d'engagement de followers, outils de calcul du ROI sur les réseaux sociaux, outils de gestion d'e-reputation...

Bienvenue dans l'ère de la course à la consommation SEO !

PS : Je précise que je n'ai rien contre les contenus frais, les réseaux sociaux ou encore les liens émanant de sites faisant autorité. Je tenais juste à exprimer mon point de vue sur ces points érigés en "must-do" qu'on retrouve de plus en plus un peu partout, et démontrer que même si ces conseils ont sans doute leur place dans une stratégie de référencement, ils n'empêchent pas des sites qui ne suivent pas les consignes de bien se positionner...

Il va de soi que je ne prends pas mes exemples de sites présentés ici comme des références universelles, chaque cas étant particulier. Lire aussi http://blog.axe-net.fr/linking-naturel-et-contenu-post-pingouin-4/ pour une réflexion sur le linking naturel.