Le cycle

Référencement naturel > popularité > obtenir le plus de lien possible. Dans un second temps, essayer de faire en sorte d'améliorer l'autorité de son site ou ses pages, avec un contenu digne de ce nom.

Netlinking période pré 2011 : facile. On peut automatiser à mort et tout le monde partage ses bons plans (c'est à dire principalement les bons spots à liens). Jusque là tout va bien.

Période post 2011

La chute

"C’est l’histoire d’une profession qui tombe d’un immeuble de cinquante étages. Les référenceurs, au fur et à mesure de la chute se répètent sans cesse pour se rassurer : jusqu’ici tout va bien, jusqu’ici tout va bien, jusqu’ici tout va bien."

Mais l’important c’est pas la chute, c’est l’atterrissage.


Film "La Haine" de Mathieu Kassovitz. Affiche 4x3  "Le monde est à vous".

Voilà une belle illustration de l'Avant : le monde est à vous, c'est à dire à nous (les référenceurs).

Mais c'est fini. Et certains n'ont pas l'air de l'avoir bien compris. Les méthodes à papa ne fonctionnent plus, et ce n'est qu'une question de temps pour qu'une à une les petites techniques qui donnent encore quelques résultats (parfois) finissent par être repérées, par les algorithmes de Google entre autres, ou par vos concurrents, qui vont alors les utiliser (sinon ils ne se donneraient pas la peine de les pister), et donc accroître le signal qui finira par alerter Google.

Aujourd'hui il faut s'y prendre autrement.

Le Google Black Day (http://www.impact-im.com/Sujet-google-black-day-journee-gratuite-de-formation) a, d'après quelques tweets que j'ai vu passer, suscité un frisson positif parmi la communauté SEO. En regardant de plus près, on peut savoir que c'est dû principalement AUX PARTAGES qui ont été faits pendant cette journée : partage d'info, mais aussi partages de "plans BL". Comme jusqu'en 2010 dis-donc !

Certains ont la mémoire courte, ou jouent les idiots. Je soumets juste à votre réflexion la grande époque des forums, comme la Sphère, ou bien encore pour les plus motivés, CodeSEO (dont j'ai fais partie aussi.) Rappelez-vous déjà les foires d'empoigne et les salamalecs à n'en plus finir sur la confidentialité de certains bons plans BL, qui pourtant, et quelles que soient les recommandations, partaient en fumée (comprendre : le lien passe en nofollow, voire suppression pure et simple) à cause de certains membres qui n'avaient rien à faire de l'intérêt collectif.

Le mal est dans la place et c'est tout ? Le référenceur est un loup pour le référenceur ?

Quand Google a mis en place (après Bing pour l'histoire) son formulaire de désaveu, en parallèle de ses innombrables formulaires de dénonciation spam et autres, QUI a désavoué des centaines de sites sans vraiment se soucier de la portée de leurs actes ? Qui en a profité pour balancer les sites concurrents ? Ou encore, Qui a balancé le réseau de site de Julien le jour même de sa sortie ?

Le mal est-il partout ? les autres SEO / les Googlers qui connaissent tout le microcosme SEO et n'ont qu'à filtrer les réseaux sociaux pour trouver de quoi pénaliser n'importe qui / les concurrents de vos clients...

Pourquoi leur faciliter la tâche en leur livrant sur un plateau de beaux liens dont la légitimité ne se pose même pas ?

On peut aller plus loin : les bons plans livrés au cours de journées comme le GBD vont être suivis de très près. Je parie que dans quelques semaines, quand ils seront bien cramés, ils seront même utilisés pour faire du NSEO.

Alors des initiatives comme celle-là (en tous cas de cette conférence en particulier pour l'exemple qui vient), je ne pense pas que ce soit bénéfique sur le moyen-long terme. Et je ne parle pas du gars qui s'est fait tracer sa linkwheel de 700 MFA à cause de son footprint. Ok c'est stupide, OK il aurait du savoir, mais là c'est du lynchage. Je donne pas cher de son réseau aujourd'hui.

Pourquoi ne pas avoir fait une démo en s'appuyant sur un réseau "jetable" pour l'exemple de 4-5 blogs gratuits ? Bref, autant pour l'éthique et c'est dommage. J'espère que la prochaine édition sera plus "anonyme" sur les exemples et/ou respectueuse.

Quelques billets de blog positifs ont été posté suite au GBD, et le plus récent à ce jour celui de GDTSB http://gain-de-temps.com/blog/alors-on-partage-ou-pas/, qui dans la dynamique du partage GBD, propose lui aussi quelques plans BL. On voit bien le sentiment de frustration : on ne peut plus dévoiler ses plans sous peine de se les faire cramer, et pourtant c'est tellement sympa de partager des trucs concrets utilisables dans la foulée !

Le Don

Pourtant, je comprends ce sentiment de plénitude qui accompagne le don. On dit bien "Plaisir d'offrir, joie de recevoir" d'ailleurs. Mais le hic, c'est que les mecs qui se sont décarcassés à TROUVER les plans, et qui ont posé quelques liens pour eux ou leurs clients, en mode tranquille posay, sont forcément moins contents quand la plateforme reçoit d'un coup 400 inscriptions dans la journée avec des "serrurier-75014-paris.fr". Parce qu'en général la plateforme trouve la source et comprend que les vautours vont s'acharner à venir poser leur petit lien sans apporter quoi que ce soit en échange (du contenu). Du coup Google voit tous ces profils vides (à part les beaux BL aux ancres optimisées) et décide de déranker (comme pour les "nouveaux" métiers du référencement http://cooptations.com/post/2012/08/11/metiers-referencement) tout ça puisque le ratio qualité a pris un coup de bambou. Alors il envoie son Panda qui pleure "thin content penalty" et puis son Penguin qui aime bien les serruriers du 14ème arrondissement de Paris et tous leurs amis, et paf ! Résultat tout le monde est perdant.

Il ne s'agit pas de "garder les bons plans pour soi". N'importe qui est traçable, et pas qu'un peu. Il s'agit de comprendre que le bon plan est affaire de confiance. Qu'on fait confiance à 2 ou 3 collègues, pas plus, mais en tous cas pas à ses abonnés ni à tous ceux qui parcourent les blogs en silence et sont prêts à tout pour avoir un résultat.

On peut partager autrement non ? Et puis on partage avec ceux qu'on aime, c'est à dire au moins ceux qu'on connaît, qu'on respecte et qui nous respectent. Ou alors on a pas d'amis ? Pourtant, DM et Skype vont bon train dans la communauté; j'ose espérer que ce n'est pas que pour casser du sucre sur le dos des autres.

C'est bien ce qui s'est passé ces derniers jours sur le blog de Miss Seo Girl, et la communauté SEO "visible" en est sortie grandie (ironie).

Petits meurtres entre amis

Manipulations, magouilles, blacklistages, intérêts financiers... l'image de l'asso SEOCamp dans ce billet est à l'image du pire de la communauté, un panier de crabes.

Pourtant, il y a des individus qui ne cherchent ni la popularité ni l'autorité, et qui partagent des idées, du code source, des analyses. C'est cette communauté-là qui m'intéresse. Pour trouver ces individus, il suffit de chercher ceux qui sont le moins visibles.

Le marketing de la peur

Le billet du 3 mai de Sylvain d'Axe-Net http://blog.axe-net.fr/utilisation-peur-communication-agences-web/ fait écho au gazouilli suivant https://twitter.com/omnireso/status/592739336145219585 à savoir l'amalgame entre indexation de pages pour Google, compatibilité pour téléphones mobiles, responsive design et tutti quanti.

C'est anecdotique en soi, mais cela met le doigt sur un mal profond qui gangrène le métier : le charlatanisme. Combien de spams sont reçus qui proposent des méthodes miracles pour ranker, ou un site responsive et boosté pour le référencement pour une somme ridicule, et même en 2015 des inscriptions dans des annuaires de qualité, sans compter les propositions d'échanges de liens ridicules... Beaucoup de prises de risques pour le client, d'argent rapide pour le prestataire : c'est un aller direct dans mur à l'époque de l'accompagnement du client sur le moyen-long terme.

Voilà une facette du SEO qui n'est pas visible sur Twitter (ne me parlez pas de Cera Interactive, j'en ai fait un billet) et qui pourtant nuit à la réputation du métier. SEO Factory Girl, dans son commentaire en réponse au billet "Référenceurs Web, ne devenons pas les moutons noirs du numérique" (source : http://www.tleonetti.com/referenceurs-web-ne-devenons-pas-les-moutons-noirs-du-numerique/#comment-26538) évoque justement cette mauvaise image du milieu et propose de redorer son blason.

Thibaud (inconnu au bataillon ?) a lui aussi brossé un portrait du seo francophone, peu glorieux, dans le billet qui a donné lieu au "clash" Hasni-Bourrelly : http://www.miss-seo-girl.com/interview-hasni-khabeb-president-de-seo-camp/#comment-184361

Il est amha impératif de prendre conscience de ses critiques pour comprendre comment améliorer la situation. Pas de se complaire dans le masochisme (cf. seo sado maso) mais d'embrasser la profession dans son ensemble, de la moyenne jusqu'aux extrêmes.

Peut-être que la profession en viendra à proposer des tickets d'entrée. Quand j'ai commencé en 97 il n'y avait presque pas de formation (et c'était webmaster). Aujourd'hui on me demande de sortir d'école de commerce / marketing. Même les Community Manager ont leur licence pro ! Avec tous ces cursus, les formations et autres évènements disponibles, on peut véritablement parler de structuration.

Même si les certifications (Google Adwords, GWT, Analytics...) ne prouvent pas complètement la compétence ou le savoir-faire (lire le JDN et ses 4 conseils pour recruter un chef de projet SEO http://www.journaldunet.com/solutions/expert/60720/4-conseils-pratiques-pour-bien-recruter-son-chef-de-projet-en-referencement.shtml) il est indéniable que le marché est mature (cf. marché de l'emploi et tendances dans le numérique).

L'important, c'est de se relever.

Alors pour éviter que le SEO francophone ait des allures de Mafia il va falloir mettre les choses à plat. Et pas seulement au niveau d'une association.

Il est inéluctable que dès qu'il va de l'intérêt financier, les dés sont pipés.

Mais j'ai à l'esprit d'autres initiatives, indirectes, qui permettent d'investir de l'argent et/ou du temps pour le bien commun (de la communauté SEO) sans qu'il y ait quelconque préjudice, comme l'étude webspam des frères Peyronnet (http://www.peyronnet.eu/blog/etude-webspam-nide-iouh/) et dont les premiers résultats ne devraient pas tarder à être communiqués.

Ou encore, bien que ce soit plus opaque pour moi (l'avantage étant que je connais de visu les Peyronnet pour avoir suivi leurs formations) une étude comme les SEO Factors http://www.seo-factors.com/ qui capitalise sur les données collectives de tous les (types de) référenceurs pour assigner un curseur d'importance aux critères utilisés dans l'algorithme de Google.

Rien ne se perd, tout se transforme

Ce type d'opération est utile à tous, et ne compromet aucune éthique. Je suis certain qu'il y a énormément d'opérations de ce type à mettre en place à l'avenir. Et je ne doute pas de la bonne volonté de tous les passionnés de SEO francophones pour faire évoluer la communauté vers un autre cycle plus serein.

Et si vous avez des suggestions, n'hésitez pas dans les commentaires ci-dessous ! (Poke @bourrellygate)