Digital Knowledge Management

Quand on commence à voir des tweets et des annonces pour des webinars concernant "le futur du SEO", on ne peut s'empêcher de penser aux marronniers, ces articles faciles à rédiger qui reposent sur la saisonnalité, donc la récurrence. Un de ces marronniers classiques concerne les tendances à venir du SEO, qu'on rédige en général en fin d'année avec un titre comme "Prédictions SEO 2019", "ce qui va marcher en SEO en 2019", "les techniques SEO et compétences à acquérir dès maintenant pour percer l'an prochain", etc

Bon. C'est le moment de me jeter la première pierre puisque ce blog du Promoteur Internet ne déroge pas à la règle, et vous a abreuvé par deux fois consécutives de ces élucubrations prédictives. En 2014 http://blog.promoteur-internet.com/post/predictions-seo puis en 2015 ici http://blog.promoteur-internet.com/post/tendances-SEO-2015.

Les plus fidèles lecteurs noteront quand même au passage que je ne m'étais pas trop mis le doigt dans l’œil avec pour 2014 un pamphlet à contre-courant de Google+, et en 2015 annoncé l'avènement du growth hacking. Bref, ici on est dans du neuf avec le Digital Knowledge Management. Ou plutôt, un emballage neuf, qui regroupe des concepts déjà bien connus et utilisés.

Je vous les donne en vrac : données corporate, persistance des informations, canaux de communication, stratégies de positionnement, places de marchés, assistants vocaux, chatbots, apps, point de vente localisé, recherche vocale, répertoire et index de services et API, SEO, SEA, PPC, et bien sûr l'inévitable Intelligence Artificielle. Et encore, je n'ai pas mis tous les mots-clés.

Un seul keyword pour les gouverner tous

Tous ces termes, usés jusqu'à la corde et tellement galvaudés qu'on en voyant un, la liste des mots-clés connexes apparaît instantanément dans la tête de tout référenceur qui se respecte (suivant la logique de la fameuse blague : c'est un SEO qui entre dans un café, bar…), sont aujourd'hui réunis sous la bannière du DKM ou Digital Knowledge Management.

Si on se penche un peu plus sur ce buzzword, on notera que la baseline concerne principalement la recherche vocale. Il s'agit donc d'optimiser le positionnement de son site, sa page, son app via les assistants vocaux comme

  • Alexa (Amazon Echo),
  • Cortana (Microsoft),
  • Siri (Apple),
  • Google Assistant (Google Home via Speakable).
  • Djingo (Orange)

La lecture de l'article précédent vous apprendrait peut-être l’émergence d'assistants personnels dans l'automobile, comme MBUX Dragon Drive, BMW IPA, Electroën, Botnik.ai... Lire Augmented Editorial Experience

On se retrouve donc dans une situation de catégorisation, de classification de la donnée, par typologie. On parle donc de donnée structurée.

La méta-donnée reine en 2019 ?

Qu'il s'agisse des formats suivants :

  • Schema.org (RDFa & JSON-LD)
  • Microdata HTML5
  • Facebook Open Graph
  • Dublin Core (les vrais savent)
  • etc

Tous peuvent être utilisés simultanément pour adapter l'information à différentes plateformes. Et contrairement à ce que cela peut laisser entendre dans la liste ci-dessus l'Open Graph a été créé par Facebook mais se retrouve utilisé dans les cartes Twitter, Google+ (RIP, lire aussi https://www.searchenginejournal.com/google-to-shut-down-google-earlier-than-expected/282257/), LinkedIn, Pinterest, VK...

Il convient donc d'utiliser ce type de données pour structurer ses pages web. On parle alors de balisage sémantique.

Ce sont ces balises et leurs attributs/propriétés autorisés (catégorisés) qui vont ainsi être demandés et interprétés par certains des assistants personnels, vocaux ou non.

Rich snippets

Le Digital Knowledge Management s'appuie donc principalement sur ces leviers techniques de structuration sémantique des données. J'adhère à la démarche qui intègre parfaitement les dimensions d'éco-systèmes propriétaires. Ce que le SEO n'embrasse pas naturellement, la faute à Google en France qui monopolise le marché de la visibilité en ligne. Or pour beaucoup d'acteurs, le référencement naturel c'est Google, et le référencement payant c'est Google aussi (régie Adwords).

Les référenceurs se reposant sur leurs lauriers risquent donc de manquer le train de ces univers clos, que sont Facebook, Apple, Amazon, Microsoft, etc, et qui déclinent tous leurs écosystèmes hors de la galaxie des services de Google. Ce dernier continue cependant d'animer le jeu avec des nouveautés régulières, comme ces encadrés "position zéro" ou rich snippets. Et dans un avenir très proche (premier trimestre 2019), Google va lancer sa propre marketplace Google Shopping, qui sera bien évidemment représentée dans les SERPS et par Google Assistant.

Conclusion

Si le concept n'a rien de vraiment nouveau, le Digital Knowledge Management n'en a pas moins une utilité : rappeler qu'il est grand temps de diversifier ses sources de trafic en ayant la possibilité de cibler et optimiser précisément son audience. Via les assistants personnels par exemple.

Pour le reste, l'importance de collecter ses données reprises sur les réseaux sociaux, marketplaces, gérer les flux de mises à jour au travers de différents canaux... le concept DKM est fourni "clé en main" avec tout un système d'intégration et de reprise de données transverses basé sur des outils logiciels maison.

Je me suis attaché dans cet article à différencier la promotion du concept des quelques idées qui pouvaient être utiles. J'espère vous avoir donné envie de coller aux tendances de marquage sémantique (et de sémantique tout court) pour vous assurer, à vous et à vos contenus, une place en 2019 !

Je vous souhaite d'excellentes fêtes de fin d'année :-)

Ressources complémentaires :

Microdata W3C : https://w3c.github.io/microdata/
Données structurées Microsoft Cortana : https://docs.microsoft.com/en-us/cortana/data-markup/structured-data-markup
Google Speakable (en Beta) : https://pending.schema.org/speakable
Speaker Djingohttps://djingo.orange.fr/