Google disrupté par le web

Après avoir joué l'hôte symbiote pendant près de 20 ans, à se développer sur, sous et dans les interwebs, Google le moteur de recherche a finalement perdu son intérêt principal.

Alors que la communauté SEO mondiale s'extasie toujours devant les joujoux du moteur (par exemple : "la position 0 : comment faire apparaître votre site dans l'encadré Google ?"), ou se plaît à relancer de vieilles techniques de référenceurs comme les PBN (la loi des cycles de vie... ça revient tous les 5 ans maxi, comme la mort du SEO), il devient urgent d'enlever les œillères "Google" que les professionnels et autres passionnés de référencement naturel chaussent dès qu'il s'agit d'atteindre la meilleure visibilité sur le web (eh oui, le SEO est sado-maso comme déjà évoqué)

Les fondateurs de Google, ces transhumanistes qui financent toujours leurs recherches (domotique, IA, robotique, nano-robots, voiture connectée...) principalement grâce à ce moteur de recherche (via sa régie publicitaire Adwords) lancé en 1998, seraient-ils vraiment inquiets de la résistance au changement de leur moteur ? Les filtres et les algorithmes qui sont ajoutés ou perfectionnés chaque année vous paraissent-ils suffisants ?

Bien sûr que non, puisque tout SEO digne de ce nom (c'est à dire : qui expérimente en continu) sait très bien que de vieilles techniques continuent de duper le moteur, ou que de nouvelles failles apparaissent, ou que des assemblages peaufinés au fil des essais donnent d'excellents résultats.

Donc non, malgré ses moyens, et surtout son potentiel de frappe (voir travaux de recherche des X Labs), Alphabet Inc. ne décide pas de passer à la vitesse supérieure une bonne fois pour toute. Au contraire, Google réduit la voilure sur sa communication en ne jugeant pas utile de remplacer véritablement Matt Cutts (et dire que cet homme était le seul interlocuteur identifié pour répondre à toutes les questions liées au référencement naturel et Google, dans le monde entier...)

Google n'est plus la seule source de trafic

Voilà quelques années que la publicité est possible sur les sites sociaux comme facebook ou twitter. Que des entreprises parviennent à générer de bons taux de conversion sur des plateformes comme instagram ou snapchat. Que les réseaux professionnels comme LinkedIn jouent aussi la carte des messages sponsorisés. Et bien sûr que les moteurs de recherche concurrents (comme Bing ou Baidu par exemple) proposent également leur système de lien payant.

Depuis quelques années les annonceurs ont le choix de toucher des audiences que Google ne peut proposer. Ils ont la possibilité de payer pour être visibles sur d'autres réseaux, et de comparer les solutions pour définir le meilleur ROI.

Ni la seule source de revenus

Les référenceurs qui faisaient hier des campagnes AdSense et se faisaient rémunérer par Google pour diffuser ses annonces sur leurs propres sites se sont tournés depuis longtemps vers d'autres sources de revenus, comme l'affiliation.

Là encore, des géants comme Amazon (pour n'en citer qu'un) ont pris la relève et assurent aujourd'hui une rente pour une grande partie des éditeurs de sites qui vivait hier quasi-exclusivement de Google Adsense.

Le moteur Google n'est plus le seul acteur, et pas toujours le meilleur (pour les annonceurs et les éditeurs)

N'importe quel blog de référencement vous dira qu'il faut diversifier ses sources de trafic et/ou de revenus. Malgré tout, chacun de ces blogs continue d'encenser le moteur Google, et lui donne une importance démesurée.

Si je prends une journée typique, je peux dire que plus de 70% des liens sur lesquels je clique proviennent de réseaux sociaux, pros, de newsletters, de plateformes collaboratives comme Slack, ou bien sûr de mes favoris. Pour les définitions j'utilise directement l'URL du portail Wikipedia, par exemple http://wikipedia.fr/Resultats.php?q=tim+berners+lee Si je cherche de l'information professionnelle sur une personne c'est LinkedIn que j'interroge, https://fr.linkedin.com/pub/dir/John/DOE, etc...

Les usages ont évolué, nous n'avons plus besoin que Google nous prenne par la main pour nous indiquer le chemin.

Google a perdu le rôle de "vivier potentiel de connaissances". Il lui reste celui de facilitateur de dénicheur de réponse. C'est autrement différent.

L'usage principal que je fais de Google aujourd'hui, c'est... par curiosité pour jauger une thématique par exemple. Je regarde les 3-4 premières pages de résultats. Ça me permet rapidement d'évaluer le travail réalisé en référencement naturel, insite et offsite. Couplé à Google Trends, c'est un bon indicateur de potentiel perçu.