Niveaux d'information

Quand je lis, à propos de "l'affaire 1m30" comme le dit Marie-Aude sur http://www.lumieredelune.com/encrelune/technique-erreur-seo,2014,09 dans les commentaires des différents articles qui traitent du sujet, que "certains font pire" que l'agence 1min30, je me pose la question de la responsabilité, encore, du SEO.

Je vais me faire l'avocat du diable et me mettre dans les cas de figure suivants :

Qui explique à son prospect que le référencement, "c'est pas que des liens qu'on pose un peu partout, au petit bonheur la chance, sur la Toile mondiale de l'internet" ?

Qui refuse poliment un prospect qui lui pose 300 euros sur la table et lui annonce cash, "faites monter mon site en 1ère page Google" ?

Qui décline l'offre de référencement du site cms - bâclé - d'une entreprise de plomberie du 11ème arrondissement de Paris ?

Que dire à un client qui s'étonne quand son concurrent est passé devant, et qu'après observation rapide on constate le recours à méthodes de bas niveau ?

Qui explique la prise de risque, afin qu'il patiente quelques semaines espérant voir son concurrent chuter, mais que ça n'arrive jamais ?

Si, informé des risques, le client est prêt à recourir lui-même à certaines pratiques (quelques ancres explicites au milieu d'une poignée de liens qualitatifs), quand bien même il semble que ça ne va forcément régler la situation (par exemple parce que son site est moins volumineux, moins ancien, moins ceci-cela : bref qu'il risque de moins bien encaisser l'examen que son concurrent); faut-il faire quand même ?

Qui accepte du référencement au résultat ?

Si malgré tout cette prestation (en toute connaissance de cause pour le client) casse plutôt que passe ?

Que le client ne comprend pas, malgré tout, et qu'il s'estime victime d'une injustice effroyable ? Qu'effondré, il cherche à comprendre envoie des dizaines de cas flagrants de tricherie dans les premières pages des résultats de Google ?

Que faire ?

  1. lui répondre calmement "C'est le jeu" ?
  2. lui proposer de monter au créneau, et d'informer toutes les salles de rédaction pour que tout l'internet apprenne que c'est injuste ? En essayant de le faire passer pour un martyr, ça peut lui amener quelques bons articles...
  3. rejoindre René la Taupe 6 feet under

Bref. Le client est insatisfait (doux euphémisme), et il a beau eu dire "oui oui je suis conscient du risque toussa..." maintenant que le pire est arrivé, c'est le moment de rebondir fissa...

  • Lui vendre une super presta d'audit de liens et de gestion de crise "conciliabule avec les Googlers pour tenter de lever une pénalité" Sur un malentendu ça peut marcher ("j'ai bien nettoyé TOUS mes liens explicites voire en plus j'ai tout passé en nofollow", voire encore mieux d'ailleurs : j'ai enlevé la balise A comme ça les URL sont en texte brut, la citation est l'avenir du référencement)
  • Supprimer le site pénalisé, paf ! le site, out of the web, lost in cyberspace, adieu veaux vaches cochons, et remonter un autre site derechef.
  • Varier les sources d'acquisition de trafic (non à la google-dependance, tous sur bing, qwant, exalead, cuil, volunia, etc)
  • Se lancer dans Adwords pour la 3ème fois, à contrecœur (même si Florian n'y est pour rien) en ayant l'impression de devenir mediaplanner
  • Prendre les devants et lancer une linkwheel parfaitement justifiée de deux niveaux : en frontal, mes 15 sites parfaitement légitimes, légaux et respectueux des Guidelines Google, avec même une page mentions légales pour Ociwen et un avertissement sur les cookies pour la Cnil > http://blog.infiniclick.fr/articles/cookies-mise-conformite-site-web.html  pour le client, qui abordent son activité sous 15 facettes différentes (depuis le temps que je vous parle de référencement créatif...) Et en second niveau : les interwebs...

Google applique le "Diviser pour mieux régner"

Diviser les utilisateurs de son moteur : la segmentation des zones : Adwords et des résultats naturels, puis du knowledge graph, de la one box, des rich snippets, des vignettes authorship... La couleur des liens, la largeur du titre dans les serps... Chez GG on appelle sans doute ça de l'innovation, chez moi on appelle ça du beta-test en continu pour étudier les comportements, les tendances, et mieux préparer son avenir (celui propre au monde de Google, pas le mien)

Diviser les professionnels du web : en appliquant une communication langue de bois teintée de manipulation sémantique (cf. article précédent), avec des règles mouvantes qui ne s'appliquent pas à tout le monde de la même façon, le moteur de recherche provoque une scission parmi les services B2B :

  • marketeux contre SEO,
  • rédacteurs contre référenceurs,
  • SEO contre webmasters,
  • blogueurs contre référenceurs...

les exemples de clash et de buzz ne manquent pas. Chacun défend son pré carré. Et en même temps, chacun essaie de s'en sortir, de faire bouillir la marmite, comme dirait ma grand'mère.

Google classe tout le monde dans le même sac

Diviser les prescripteurs et autres fans de Google entre eux. Qui mieux qu'un référenceur, a mis en place le monopole que beaucoup regrettent aujourd'hui ? En plébiscitant le moteur, il a peu à peu fait de Google une adresse incontournable. Le problème, c'est qu'aujourd'hui (enfin 2012 en France merci Panda) la guerre est déclarée entre les référenceurs et Google. Et le problème, c'est que les tous les référenceurs se trouvent coincés dans le même sac. Du spammeur bourrin qui fait fait du spamco décérébré au Black Hat qui inonde ton forum, en passant par le rédacteur web White hat qui ré-écrit À la recherche du temps perdu pour te faire acheter un sac de sable (sans le sable), le milieu du SEO est un peu hagard. D'autant plus qu'on tisse parfois des liens avec des gens dont on apprécie pas les méthodes professionnelles. Le consensus se met en place : on te fait comprendre, par leader d'opinion, que le référencement blanc et pur n'existe pas. A partir du moment où tu fais un lien, tu tentes de positionner ton site. Donc, prescripteurs : tous tricheurs.

Sauf que, la crise aidant, Google nous met entre les mains une mitrailleuse équipée d'un silencieux : les formulaires de dénonciation : spam, blocage sur son réseau social, outils de désaveu...

Et là , ça sulfate sévère. Genre "Petits meurtres entre amis" et "Règlements de comptes à OK Corral". Combien dénoncent et désavouent dans leur coin, peinards, les sites des concurrents, les sites des clients des concurrents ?

Google est déjà passé à autre chose

Les récents mouvements chez Google (regroupement de services, abandon de certaines fonctionnalités) tendent à prouver, pour ceux qui ne l'auraient pas encore compris, qu'il est vain de compter sur le moteur pour espérer monter un business model basé sur le développement d'une couche applicative utilisant l'outil. Au moins depuis l'abandon de Google Reader ou l'apparition du Not Provided en fait.

Comme Google, il faut passer à autre chose et se sortir GG de la tête. C'est urgent, surtout depuis que GG tente d'y entrer en devançant nos besoins avec des services comme GoogleNow.