Prévisions SEO pour 2014

Tendance Google+ : contrairement à l'ensemble des confrères blogueurs ou référenceurs, le promoteur internet ne partage pas la liesse et l'engouement vis à vis du réseau social de Google : trop peu utilisé, et par des profils aguerris au web ou qui sont dans la tendance "geek", ce réseau semble plutôt un repaire d'internautes ayant un intérêt à faire la promotion de leurs produits ou services. C'est flagrant si on s'intéresse de près au ratio nombre de publications et de partages avec des objectifs de conversion ou transformation. Pour faire court : sur Facebook ou Twitter, les internautes partagent leur vie, sur G+ les internautes partagent leur business... (remarquez que depuis 2012 le mercantilisme de Facebook ne cesse de croître cependant, idem pour Twitter depuis l'an dernier)

Cela s'applique bien évidemment aux deux grands #fail de l'année 2013 : Authorship et Authorrank, qui après avoir fait le buzz sur une bonne partie de la blogosphère, ont vite réduit la voilure. Causes possibles de cette marche en arrière :

Avec une baisse de visibilité de l'authorship dans les Serps constatée depuis Décembre : http://www.abondance.com/actualites/20131223-13511-google-bien-reduit-la-visibilite-de-lauthorship-dans-ses-resultats.html

Mais c'est pas grave : ceux qui continueront à signer leurs publications et à les promouvoir sur G+ (principalement entre promoteurs, donc) seront plus facilement identifiables par Google qui les a ainsi à l’œil : pratique pour remonter une linkwheel ou un réseau d'achat ou d'échanges de liens...

Donc on peut se poser la question non ? Est-il utile d'être sur G+ et d'y faire la promo de ses sites et autres profils sociaux, ou est-il préférable de ne rien associer avec son business ? C'est à dire, soit on avance à découvert, soit on travaille par ricochets, ce qui implique un grand nombre de comptes...

Le passage en mode furtif

C'est je pense la plus grande difficulté pour le référenceur qui est pris entre l'envie de communiquer afin de pousser ses sites, et la peur de réduire à néant toute une stratégie.

En effet, pourquoi associer ses blogs à son profil Google+ si vous avez mis des années à lancer des sites sans liens entre eux et sur des adresses IP différentes, sans footprint commun ? C'est un choix risqué, surtout depuis que la désinformation et la communication du géant américain de la recherche internet ont placé les référenceurs devant le fait accompli. La méfiance est de mise, et la suspicion partout.

Un blogueur relate ici qu'un de ses sites a été complètement coulé après qu'il ait réalisé le test de s'envoyer des emails mentionnant clairement des techniques Black Hat : http://godofseo.co/case-study/webspam-team-actively-monitoring-gmail/ Selon lui, d'une façon ou d'une autre (Google s'enverrait des alertes sur certains mots-clés ?), les Googlers de la webspam team sont venus lire ses "faux" mails et ont plombé un site qui n'avait rien à se reprocher.

Tout cela reste à prendre avec des pincettes, néanmoins, ce genre de rumeur n'est pas unique sur le web, et entre les affaires de dommages collatéraux ayant rasé de "bons" sites bien white hat des serps, et les histoires de sites qui manipulent manifestement l'algorithme mais reviennent (trop ?) vite dans les serps après avoir fait amende honorable (voir le buzz sur RapGenius http://www.entrepreneur.com/article/230602 et le nettoyage qu'ils ont réalisé avant de s'excuser http://news.rapgenius.com/Rap-genius-founders-rap-genius-is-back-on-google-annotated), il est évident que la machine Google jouit de sa situation de monopole (un poids, plusieurs mesures) sans plus se soucier de sa e-reputation ^^

Alors, comment faire ? Rassembler son auditoire, ou segmenter ses publics-cibles (et diminuer les risques éventuels), comme questionne @RaphSeo ici : http://www.visibilite-referencement.fr/blog/grosse-communaute ?

Idem pour les données structurées, au fait : continuons de les utiliser, ça fait toujours ça de gagné pour les serveurs de Google à analyser, c'est plus vite affiché sur sa 1ère page des Serps. Voir si c'est corrélé pour la diminution du trafic de Wikipedia, cf. Abondance.com

Internet nomade : On nous rabâche les oreilles que le web mobile c'est l'avenir. A lire les études sur le sujet, on a parfois du mal à croire les chiffres annoncés, comme si tout un chacun avait un smartphone ou une tablette et achetait en ligne via la 3G ou la 4G. Je veux bien croire que ces moyens d'accès à Internet sont de plus en plus populaires. Simplement, je modère un peu l'enthousiasme de ceux qui publient ces informations, car ils sont la plupart du temps juge et partie, ayant intérêt à vendre ces moyens d'accès pour mieux facturer leurs services et produits.

Le not tracked, réponse au not provided

Google a voulu couper les ressources sous le pied des webmasters en utilisant le prétexte de la sécurité de son protocole (https) pour filtrer les referers (pourvoyeurs de trafic).

Mais en 2013, Edward Snowden a lancé un pavé dans la mare avec ses déclarations alarmistes (et combien il a eu raison !) à propos de la surveillance du web : partout, tout le temps. Du coup les media ont relayé l'information et sensibilisés de fait une partie supplémentaire des internautes qui ne se doutaient pas de l'intrusion et de la violation des informations privées dont ils étaient victimes. Et cela va du simple cookie aux techniques plus insidieuses de tracking. Après le succès d'Ad Blocker lors de la campagne de Free, ce sont désormais des outils comme Tor, Chromium, DoNotTrack Me, IP fuck et consorts qui sont téléchargés, installés puis utilisés par un nombre croissant d'internautes. Couplés à un certain nombre de bonnes pratiques (navigation privée, refus de cookies provenant de sites tiers, pas d'historique, etc), ces internautes sont de moins en moins identifiables.

Par effet de bord, les statistiques et autres métriques sont ainsi de moins en moins fiables et/ou représentatives.

C'est dans doute une des raisons qui explique l'engouement de Google vis-à-vis du web mobile, qui représente un eldorado du tracking puisque nos smartphones sont géo localisés avec précision (exit le proxy) et peu d'applications "anti-pistage" existent à ce jour... Eh oui, vous ne l'avez pas vu venir, mais ce paradis (hum) du "tous connectés partout" permet un pistage pratiquement infaillible lorsqu'on surfe depuis son smartphone...

La fin du Netlinking facile

Fini les techniques qui ont été des intermédiaires à une époque : exit le guest blogging industriel (c'est quand vous voyez sur un blog des billets commençant par : "Posté le 10 janvier 2014 par william forges" mais qu'en fait l'article est une interview ou un article d'une tierce personne - et qu'en plus les liens ne sont pas en nofollow comme l'exige Google, arf -).

Après le guestblogging systématique, c'est le commentaire de blog qui va finir par disparaître, puisque là encore les moutons du web ont pris peur et ont bien vite tenté d'élever le niveau tout en s'extrayant de la catégorie "j'accepte de publier des commentaires avec des liens puisque moi aussi j'en fais". Notons que les plus déontologiques ont arrêté de faire ce type de lien puisqu'ils le réprouvent chez eux. Et notons aussi que beaucoup de blogs ont carrément supprimé la possibilité de laisser un commentaire. Comme ça tout est bien qui finit bien, et chacun parle à son chat ou à sa plante verte. Lire LacheTonCom.fr qui publie une petite réflexion croustillante sur le sujet.

La montée en compétence du SEO

Désormais le référencement s'appuie sur un panel de compétences de plus en plus pointues : depuis le travail préliminaire de conception jusqu'à l'analyse des logs (enjoy le nouveau botify et Watussi), en passant par la compréhension granulaire du fonctionnement d'un crawler et d'une indexation (MasterClasse des Frères Peyronnet inside), l'optimisation doit gagner en technicité sans jamais trop en faire dans les widgets qui laissent des footprints parfois dangereux pour de jeunes sites. Il faut désormais trouver l'équilibre subtil entre optimisation et désoptimisation, comme l'explique très bien http://desoptimisation.com/post/search-engine-desoptimization

En tous cas, depuis mon billet sur l'appauvrissement internet, je constate moins d'informations de qualité partagées sur les réseaux sociaux, et surtout moins d'astuces faciles à récupérer. Il faut plus se creuser la cervelle, ce qui n'est pas un mal. L'effet de bord est que de nombreux blogueurs en profitent pour combler le silence radio et prendre ainsi les places vacantes (la nature n'a t-elle pas horreur du vide ?), et certains racontent même beaucoup d’âneries, et pourtant, l'heure est à la tendance de ne plus avoir que l'expression "contenus de qualité" à longueur de billets de blog ^^Pourtant, au vu de toutes les formations disponibles en France, et aux retours que les participants en font, il serait plus logique de penser que le niveau de compétence monte ! Ceci est donc un appel du pied à tous ceux qui suivent le référencement d'un peu loin pour assister à ces rendez-vous pros qui permettent de mieux appréhender le SEO et le référencement, car il faut s'y faire : en 2014, on apprendra plus grand 'chose simplement en surfant sur le net ou les forums comme c'était le cas jusqu'ici.

Skype en mode 1 on 1, quelques séminaires et conventions, les formations déjà évoquées, et quelques sites de plus en plus en accès restreint, voire sur invitations ultra-limitées. Le référencement visible, celui des réseaux sociaux, sera plus blanc que blanc, et les échanges se feront désormais sous le manteau.

Conclusion : prédictions

  1. Google tente de renforcer son omniprésence en 2014. Mais une partie des internautes, croissante, ne suit pas et se désengage peu à peu du monde de Google. Autant au bénéfice d'alternatives comme Qwant (http://blog.qwant.com/lheure-du-bilan/) ou Duck Duck Go (https://duck.co/blog/friends-newsletter-45),
  2. Parallèlement, c'est le tracking à des vues d'espionnage ou à des fins publicitaires qui commence à être connu du grand public, et les internautes commencent à s'outiller en conséquence pour ne plus subir cette surveillance continue,
  3. Le SEO français gagne ses lettres de noblesse avec une communauté qui continue d'échanger (de plus en plus offline ou hors mass media connectés) et d'appliquer des techniques et des stratégies propres au référencement créatif.

Complément à cet article :

Les prévisions de @JambonBuzz http://www.jambonbuzz.com/focus/previsions-2014-2014-01-05

Prédictions SEO de Synodiance : http://www.synodiance.com/6-predictions-seo-pour-2014/