D'une activité de passionné

Quand on parle d'anciens sur Internet, on regarde du côté des early adopters des années 1990. Lorsqu'il s'agit d'anciens du référencement, pour la France, on peut considérer que les années 2000 marquent en quelque sorte le début de l'Histoire. Pour ma part, j'ai vraiment commencé à bien remplir les meta description de mes sites dans le but d'optimiser les pages pour le référencement à partir de 2004.

Jusqu'au début des années 2010, on peut dire que le référencement internet est une activité méconnue du grand public. Les connaisseurs se retrouvent sur les forums (WRI, Webmaster Hub, SeoSphere...) et échangent librement et publiquement sur leurs tactiques pour bien positionner un site auprès des moteurs de recherche.

L'apparition des réseaux sociaux voit une adoption progressive de la part des référenceurs, qui continuent de partager leurs ressources sur Facebook et de plus en plus, Twitter.

L'arrivée de ces sites "en temps réel" bouleverse le milieu du référencement francophone : l'information diffusée traverse d'autres sphères : les outils de gestion de compte twitter par exemple, permettent de mener une veille instantanée et exhaustive.

En parallèle, les concours de référencement gagnent en visibilité (pandaranol, sentimencho), en partie grâce à ces réseaux sociaux.

Enfin, de plus en plus d'évènements IRL sont organisés, qui permettent de nouer des contacts très rapidement.

A un métier bien gardé

Ces différents facteurs vont contribuer au gain de popularité du métier, qui passe de référenceur à celui de SEO, comme on peut le voir sur les graphiques de tendances - Google Trends.

Légende image : tendances du mot-clé "référencement" (cliquer l'image pour agrandir) Source : https://www.google.fr/trends/

Légende: Tendances pour le mot-clé "seo" (cliquer pour agrandir) Source : https://www.google.fr/trends/

Est-ce le fait d'atteindre une taille critique et la vulgarisation auprès du grand public, qui a valu le changement de stratégie Google, avec le lancement en 2011 de son premier filtre Panda ?

Toujours est-il que les stratégies basées sur la quantité, qui fonctionnaient jusque là, sont mises à mal. Et depuis, cela ne fait qu'empirer.

Google s’emmêle les pinceaux dans ses déclarations, prêchant une "bonne parole" (la lutte contre le spam) qui ne trompe plus personne aujourd'hui (asseoir le monopole GG), et se contredisant sans sourciller. Les effets d'annonce sont plus importants que les réelles avancées technologiques, et le nombre de sites déclassés ou pénalisés par les filtres ou mises à jour algorithmiques ne cesse de croître. Les pistes sont de plus en plus brouillées :

  • entre les déclarations qui annoncent qu'il n'y a pas de mise à jour alors que l'ensemble de la communauté SEO constate des perturbations et des mouvements majeurs,
  • les formes de pénalités qui sont difficilement lisibles (du blacklistage complet au déclassement de certaines pages seulement, en passant par la perte de positions progressive sur certains mots-clés seulement...),
  • les évolutions du search (référencement local, référencement social, sémantique, référencement pour mobiles/smartphones...)

Bref : il devient de plus en plus difficile d'y voir clair. Et quand on arrive à une certaine compréhension de l'état actuel des choses, rien ne garantit qu'un élément nouveau ne sera pas pris en compte demain, qui va encore risquer de mélanger les cartes.

Is Sharing still Caring ?

Les baselines de comptes Twittos "je partage ma veille quotidienne" et autres promesses d'échange informationnel font de moins en moins recette. Les hashtags #spreadthelove ne sont plus vraiment suivis. Les ReTweet de plus en plus rares. Désormais, tout se passe en coulisse : les tweets intéressants sont mis en favoris et puis c'est tout.

Comment en est-on arrivé là ?

D'abord par un constat simple : l'exploitation des conversations. Follower un Twittos et utiliser pour son propre compte l'info qui est donnée, parfois au détriment même de celui qui partage (par exemple, découvrir quels outils utiliser pour remonter une linkwheel et s'en servir pour trouver des spots où poser ses backlinks).

Quand ils ont découvert qu'ils se tiraient une balle dans le pied, beaucoup de SEO ont commencé à ne plus tendre le bâton pour se faire battre.

Ensuite, par la récupération de leur résultats de tests et autres conclusions. Par exemple, pendant une période, le Journal du Net a publié de nombreux articles qui n'étaient autre que des résumés de conversations sur twitter; le journaliste puisait dans les TimeLines de chacun matière à rédiger.

Enfin, ceux qui utilisaient encore Twitter pour faire part de leur plans ou de leurs offres se sont parfois vu pénalisés du jour au lendemain après un simple tweet et sans aucune autre forme de communication. Alors dénonciation, spam report de concurrents ou d’ennemis ? Lire un témoignage ici http://www.korleon.fr/vente-de-liens.html

Référencement confidentiel

Désormais il devient risqué de trop en dire sur les réseaux sociaux. La plupart de blogs Seo, qui partageaient des avis et infos sur certaines techniques, sur des outils, sur des sites, sont désormais abandonnés. Les référenceurs réduisent la voilure de leur communication, car désormais tout ce qu'ils publient pourra être retenu contre eux.

Avec l'avènement des outils pour tracer les liens, et analyser le netllinking (lire mon billet sur le marché des logiciels SEO) et le développement collatéral du NSEO (billet aussi) le métier de référenceur évolue et oblige les acteurs web à faire preuve de plus de créativité et de diversité dans leur mode opératoire, la profession s'inscrit désormais dans une vision globale d'acquisition de visibilité.

La formation et la spécialisation permet à des rockstars de proposer leur marque de fabrique, comme par exemple le cocon sémantique expliqué par Laurent Bourrelly ou Christian Méline. Les formateurs Peyronnet continuent d'expliquer le fonctionnement des algorithmes de recherche; enfin, les pénalités infligées par Google (pénalités manuelles ou informatiques) procurent du travail à des agences et salariés qui expliquent comment s'en sortir (Axe-Net et Le Muscle référencement, pour n'en citer que deux).

Au delà, pour celui qui suit les communications du milieu du référencement sans en connaître toutes les arcanes, la partie immergée de l'iceberg semble fondre à vue d’œil, un peu comme si, finalement, Google avait gagné. Sans compter tous ceux qui affichent ostensiblement sur leurs sites ne surtout pas faire de liens, ce qu'ils assimilent au référencement à la papa.

Désormais le réf' devient confidentiel sur le net. Et ceux qui en parlent le plus sont ceux qui remplissent l'espace abandonné par les blogueurs d'hier. Certains profitent de la place et publient des articles creux ou totalement erronés.

C'est le jeu.

Ma pauv' lucette.