Parler pour ne rien dire

Malheureusement, c'est bien comme ça qu'on pourrait résumer ces épi-phénomènes fugaces qui traversent la Toile comme autant de débris de satellites pénétrant l'atmosphère...

Le buzz sur les tweets sexistes avait déjà enflammé une partie de la Toile, mais alors là, le fil rouge de cette agence web de l'Est de la France semble en fait cousu de fil blanc... Au gré des réactions on apprend de la part des internautes-acteurs (donc pas ceux qui forment l'immense majorité de grandes-oreilles) que cette boîte joue avec le buzz et que c'est même inscrit dans son ADN (comprenez : l'agence en fait un ou plusieurs articles sur son site).

Maintenant, je m'étonne de cet élan de solidarité autour de cette graphiste qui serait plagiée (si on considère la traduction comme plagiat - on sait ici entre nous experts du référencement naturel et du SEO que la traduction telle que réalisée avec Google translate c'est du Duplicate Content pour Google - rire de gorge suffisant). Je m'en étonne parce qu'en 2015 je pense qu'on a déjà tout vu ou presque sur le web. Du clash, des gros #fails, du torchon rédactionnel fait pour buzzer, du like fait par des fake et des twitterbots par milliers, du hacking de bas étage mais parfois de haut vol... Qu'on s'étonne encore prête presque à sourire.

Je pensais pourtant que les trolls et les haterz étaient vite repérés et ignorés

Que les gens tombent dans le panneau et s'imaginent "avoir à faire" à une personne dans un état d'esprit "normal" est juste désespérant. Ces personnes-là ne doivent pas avoir le Gorafi dans leurs favoris.

A un certain niveau, cela me rappelle même l'affaire de la blogueuse mode qui voit son blog disparaître de Google du jour au lendemain après avoir vendu des liens dans ses pages.

Plus récemment, le mini-buzz de la fermeture des commentaires sur le blog de LB a démontré que la blogosphère SEO en est réduite à cela : essayer de faire du bruit avec du vent. A grands coups d'effets d'annonces et de tweets ciselés pour le linkbait, une quarantaine de sites (au moins) ont relayé le non-évènement. Notons que ces non-informations pullulent en continu dans la sphère du référencement : Matt Cutts a dit ceci, mais John Mueller a dit cela, il paraîtrait que, untel a testé la balise meta keywords et ça marche son site est premier sur Bing! etc

Et le bad buzz actuel n'est bien du qu'à cette signature : faire parler de soi, à tout prix. '"Calomniez, il en restera toujours quelque chose" est une citation qui revient souvent à Emile Zola, parfois Voltaire ou Montesquieu, à plus juste titre Beaumarchais. C'est en s'inspirant de ce constat que des gens ou sociétés profitent de la chambre d'écho qu'est internet. Certains se rappelleront l'épisode de l'agence 1mn30, qui grâce à une savante mise en scène de sa victimisation a réussie à obtenir un double-avantage : d'abord Google a levé la pénalité manuelle qui avait plongé son site dans les abysses, ensuite le buzz lui a octroyé une popularité toute nouvelle et bien réelle, ce qui lui a permis d'atteindre des pics de fréquentation jamais atteints jusque-là.

Tout cela m'amène au point central : la perception toute relative de cette chambre de résonance. Qu'il s'agisse de la communauté SEO ou d'une partie de la blogosphère derrière Stéphanie Walter, l'impact réel est ridicule. Lire dans certains commentaires que l'agence accusée de plagiat est réduite à néant avec ce "bad buzz" est tellement prétentieux ! Le lynchage médiatique limité à quelques blogs et quelques tweets, retweets et favoris n'a pas d'autre effet, in fine, que continuer à accroître la visibilité de cette agence. Qui doit se frotter les mains de voir tout ce beau petit monde se regarder le nombril et crier à l'injustice devant quelques personnes et beaucoup de robots...

Commentaires et sources

http://www.inpixelitrust.fr/blog/comment-une-agence-a-prefere-plagier-mon-illustration-que-respecter-mon-droit-dattribution/#comment-178948
Le problème, hormis cette non-citation, est que "rien ne se perd, tout se transforme". En l'occurrence le texte sous votre illustration m'a interpellé, et lorsque j'ai vu la "source" du plagiat j'ai été légèrement surpris. Car cette phrase est tirée d'une interview de Bruce Lee (oui oui, lui-même). Et je cite ma source : L'interview cachée Pierre Burton Show 1971 visible sur Youtube et je vous mets même le pointeur sur le moment exact : https://youtu.be/PFQ7UxUdIH8?t=15m408s . Qui lui même l'a peut-être tiré d'un de ses maîtres à penser ?

Donc aujourd'hui, on peut presque dire que vous avez eu de la chance de tomber sur ce plagiat, car le reste du temps 80% passe inaperçu, c'est la grande injustice du web. Je ne fais pas d'ironie, je constate juste depuis 18 ans que je fais du web. Il y a des gens qui passent leur journée à piller le web. Et même, avec le fameux Duplicate Content dont nous bassine Google, c'est encore pire : qu'un site plus populaire que le vôtre copie toutes vos pages, et vous constaterez avec dégoût que ce sont vos pages copiées chez lui qui ressortent dans Google (et donc lui apportent du trafic), pas les vôtres, pourtant originales... Les gros ont toujours volé les petits, le web n'y change rien.

Sinon, pour le cas de l'agence incriminée, malheureusement cela ne sert à rien. D'une part, parce que ceux qui "savent" les histoires de sexisme etc (j'en suis : j'ai suivi, sans participer ni relayer) ne sont pas les prospects de cette agence qui sont souvent très loin de "notre" consommation des réseaux sociaux.
D'autre part, dans "bad buzz", il y a "buzz" : parler de cette agence en bien ou en mal lui confère de la popularité sur le web. Et donc, pour ceux qui ne trient pas l'information (bonne/mauvaise réputation : d'où vient la popularité ?) c'est de la visibilité en plus.

Bref. je suis en train d'écouter en fond "Josh Clark - The Seven Deadly Myths of Mobile" et j'ai pu vérifier qu'il citait Bruce Lee, avec photo en diaporama, à 58'20''

Ouf :-) Tout n'est pas perdu.