Leechers go home

C'est l'article de Sylvain D. (http://www.laurentbourrelly.com/blog/1462.php) qui a mis un mot sur ce que je constatais tous les jours sur Twitter. Des gens qui sont là en espérant chopper du bon plan BL, qui veulent tout savoir et rien payer, qui exigent du RT et rappliquent dès que l'éventualité d'une mention pointe à l'horizon.

Leeching is the new Social Engineering ?

Dorénavant il est admis que mentionner ses moneysites ou les sites de son réseau à tout va (vas-y que je twitte mes URLS, que je +1 les commentaires qui poussent mon réseau, que je like les copains qui ont partagé mes publications...) est directement susceptible d'être suivi d'un déranking... Les grandes oreilles sont partout.

Alors on en revient aux cercles un peu moins ouverts, aux events SEO, aux formations... On espère que pendant ces manifestations "entre spécialistes" on arrivera à chopper du bon plan BL, qu'on va pouvoir mettre en place des échanges de liens, échanger sur des stratégies, bref : faire du business au nez et à la barbe de GrosGougeul.

Les préparatifs

Alors oui, les évènements physiques peuvent être un "plus". Mais encore faut-il les préparer. Et bien comme il faut. Voilà ce que j'avais fait, et qui n'a pas porté ses fruits. J'avais pour objectif de nouer de vrais contacts professionnels. Je vous indique mes erreurs en toute humilité, afin de vous les éviter :

  • Etre inconnu au bataillon ("connu" sur le web, mais aucune connaissance IRL)
  • Arriver à un event SEO avec un tee-shirt Blekko : tout le monde m'a pris pour une taupe venu espionner le microcosme SEO français.
  • Annoncer sans détour au cours d'un atelier que je suis Quality Rater : tout le monde m'a pris pour une taupe de chez GrosGougeul venu collecter toutes les URL à dézinguer
  • Venir avec 3 consoles Dreamcast et tous les accessoires pour faire des tournois Soul Calibur alors que je n'avais pas demandé s'il y avait d'écran cathodique sur les lieux
  • Venir accompagné d'une personne étrangère au SEO
  • Faire 1300 km (A/R) en Twingo

Alors voilà, c'était très intéressant mais je pense que je m'y suis pris comme un pied. Surtout quand je vois les tweets dithyrambiques des autres participants entre eux, je me dis qu'on a pas du vivre le même évènement. Probablement la faute à la physique quantique, "être présent en deux endroits au même moment", toussa...

Certes il y a eu de très bonnes choses, des contacts très sympathiques, notamment de gens ouverts qui m'ont fait les présentations des "anciens", et d'autres avec qui j'ai pu discuter à bâtons rompus. Mais il a quand même fallu que je passe par #Cemomentgênant quand il a fallu que j'explique à pas mal de personnes qu'en tant que Quality Rater, c'est pas moi qui choisis les URL que je dois évaluer. Et toute la soirée j'ai eu droit à des regards circonspects ou à l'inverse, à des gens qui me proposaient de m'envoyer leurs listes de sites à passer en whitelist... C'est là que je me suis rendu compte que beaucoup de SEO ne savent pas de quoi ils parlent. Heureusement que je ne leur ai pas dit que j'étais également éditeur DMOZ (comme d'autres présents), car je serais sûrement 6 feet under à l'heure qu'il est, à cause de déterrage de soumissions datant de plusieurs années ou de demandes pour faire passer tout et n'importe quoi dans une catégorie. Et puis il y aussi parfois les relous qui te toisent de haut ("tiens, un nouveau ?") en te filant leur carte et en évoquant du bout des lèvres la possibilité de consentir à un échange de lien (dont tu imagines déjà la teneur : de leur page profonde même pas indexée, mais toi depuis ta home PR3)

Entretien du réseau

Pas de chance si la grande majorité des personnes avec qui j'ai noué un bon contact habitent hors de portée d'un apéro de dernière minute : par tweet un bout d'un moment ça ne suffit plus pour entretenir une relation. Rien de comparable avec ceux qui résident en Thaïlande ou en Argentine, mais n'empêche que passé la barre des 300km tu réfléchis souvent à deux fois avant de partir au débotté.

L'entretien du réseau passe amha par autre chose que des rencontres : s'il est possible d'échanger quelques liens thématiques hors de portée online, il devient vite risqué de s'aventurer sur la stratégie de chaque business. La relation, pour qu'elle soit de confiance, doit se bâtir avec le temps. Et je ne suis pas sûr que ce soit au cours d'une after bien arrosée que les deals "gagnant-gagnant" soient conclus. De même, je ne crois pas trop au lien entre copinage sur les réseaux et relation de confiance dans le boulot.

Comme je le répète depuis un moment (cf. http://referencement-qualitatif.blogspot.fr/2012/04/referencement-monkey-business.html), je pense que le SEO a trouvé sa limite paradoxale : augmenter la visibilité des sites clients passe désormais par la réduction de sa voilure sur les réseaux sociaux, en tous cas dès lors que cela touche la stratégie ou les méthodes utilisées. Le référencement c'est du renseignement, on est en pleine intelligence économique.

Pas étonnant alors que certains, face au vide laissé par le manque de publications pertinentes, décident de combler l'espace avec des articles qui réinventent certains concepts, au risque de s'attirer les foudres de ceux à qui on ne la fait pas

On voit ainsi que la pratique du leeching est de moins en moins tolérée, et cela peut se justifier par le fait que la stabilité du business est mise en péril depuis Panda, Penguin et son rejeton Penguin 2. Désormais l'horizon du référencement s'amenuise, la pression de Voldemort (bientôt je remplacerais par Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom) ne faiblit pas, et les tactiques des concurrents ne sont plus ignorées.

Les évènements physiques vont-ils devenir la seule occasion d'échanger sans risque ? 

Ce billet aura répondu en grande partie au sondage de @RaphSEO : http://www.visibilite-referencement.fr/blog/on-fait-quoi-pour-le-vlc : le virtuel présente beaucoup plus d'avantages que le physique, si on se place d'un point de vue sur le long terme : je préfère rencontrer des confrères individuellement et apprendre à bien les connaître, que tous à la fois en faisant la fiesta. Mais cela doit venir de mon âge avancé :-)